Une interview

Interview par Sylvie Godefroid, pour la newsletter de la SABAM, publiée le 11 juin 2015

- Isabelle Fable, un nom prédestiné pour une carrière de plume ?   Isabelle est le prénom que Maman avait choisi de toute éternité pour sa future fille, Fable est le nom que j’ai pris le jour où j’ai uni ma vie à celle de Jean-Jacques Fable. Ce sont les deux pans de ma vie, l’enfance et la suite… Par chance, le nom est porteur pour un écrivain. Mais… ce n’est pas pour ça que j’ai choisi mon mari ! Je ne savais pas encore que la plume allait me chatouiller et m’emporter dans les sphères de l’imaginaire. Je ne crois pas trop à la prédestination. Je crois qu’on dirige son destin, avec peut-être une certaine orientation… en pointillé – qu’on peut déchirer si on en a envie. Rien n’est écrit. Tout est à écrire.  
- Voilà longtemps que tu commets des délits d’écriture. Comment es-tu entrée en écriture ?

Comment je suis entrée en écriture ? La formule est jolie, elle laisse à croire qu’il s’agit d’une vocation. Peut-être, après tout. J’ai toujours aimé lire. Et écrire. Les mots sont ma vie. Mais je ne pensais pas du tout à devenir écrivain. Bien trop timide. Par contre, après quinze ans passés à me consacrer à 110% à ma famille (quatre enfants quand même !), j’ai senti le besoin d’écrire, le besoin d’un plus, un besoin d’aller au-delà, un besoin d’évasion, d’expression, d’épanouissement des facettes cachées de ma personnalité. Besoin de donner, de dire ce que j’avais à dire. Besoin d’exister, finalement. Et j’ai ouvert la porte…

- Aujourd’hui, te voilà primée. Raconte-nous cela.

Primée, je l’ai déjà été quelquefois. Je suis « entrée en écriture » par la porte des concours, qui me semblaient beaucoup moins ambitieux et moins impressionnants que les publications éditées, officielles, auxquelles je ne pensais pas. Et j’ai trouvé pas mal de succès dans diverses sections (romans, nouvelles, contes, poésie …). C’était encourageant. Alors j’ai commencé à y croire, j’ai même des œuvres publiées. Mais certains « prix » ont à mes yeux plus de valeur que d’autres : ceux qui couronnent des textes auxquels je tiens plus profondément. Comme celui qui vient d’être primé par la Maison de la Francité, qui est sans doute ce que j’ai écrit de plus fort de toute ma vie. Le voir reconnu me touche beaucoup.  
- Est-ce le thème qui a déclenché ton envie de participer à ce concours ou es-tu régulière des concours d’écriture ?

Je connaissais le concours de nouvelles de la Maison de la Francité. J’en fais chaque année la promotion sur le site de l’AREAW (Association des Ecrivains et Artistes de Wallonie) dont je suis administratrice et secrétaire. J’y ai déjà participé, dont une fois avec succès, en 2006, où mon texte Etangs noirs avait eu le bonheur d’être lauréat de la section adulte. Je me suis décidée en dernière minute à participer cette année car le thème en soi me plaisait, avec son aspect multiple, étincelant feu d’artifice, et tout ce que cela pouvait amener comme retombées bonnes et mauvaises. Mais je n’avais pas d’idée précise et je remettais toujours à plus tard le moment d’y penser. Puis j’ai laissé monter ce texte à la surface car il couvait sans doute depuis longtemps et il n’y avait pas à chercher plus loin

- En quoi consiste ce prix ? que va-t-il changer dans ta carrière ?   J’ignore en quoi consiste le prix. Et j’ignore s’il va booster ma carrière, comme on dit – car l’équivalent français est moins parlant – mais ce qui est sûr, c’est qu’il ranime le feu sacré et attise ma confiance de moi ! Une belle étincelle sur un feu qui ne demande qu’à repartir !  
- Vers quoi rebondis-tu déjà ? quels sont tes autres projets ?   Mes projets ? Trouver, prendre le temps d’écrire. M’accorder ce droit, au détriment d’autres choses peut-être. Car le temps passe. J’ai beau vouloir devenir centenaire, je ne sais pas ce que la vie me réserve. Donc il est temps. Je projette d’écrire un roman de vie, dont le scénario est actuellement à l’état embryonnaire mais qui germera très vite quand je l’arroserai. Et un autre, un roman grinçant sur les risques de Facebook pour les cœurs tendres et exigeants. Et puis publier quelques-unes des œuvres que je tiens en réserve depuis la nuit des temps !  
- Et avec la SABAM ? ça roule ?   Ah la SABAM… c’est une grande dame, qui tient ses ouailles sous son aile, pour les protéger, les informer, les conseiller, les inviter à des manifestations toutes plus sympathiques et intéressantes les unes que les autres. Elle est un lien important entre les différents segments des activités artistiques. Personnellement, j’ai toujours eu réponse à mes questions, rapidement et aimablement, qui plus est.