Qu’en pensent les lecteurs ?

A propos de la nouvelle Etincelle... dynamite ou dynamique

J’ai lu le texte que tu as écrit après la mort de ton mari. Je l’ai lu à voix haute. Et je vais le relire. Je t’entends parler de l’amour et de la mort avec des mots tellement lumineux et en même temps tellement… tragiquement humains. Cela fait écho en moi car le couple que tu formais avec ton mari ressemble à mon couple. J’ai la chance que l’homme épousé il y a si longtemps soit toujours en vie, même si nous avons l’un comme l’autre frôlé la mort il y a quelques années. Ton texte est tout simplement magnifique ! Un texte tout en pudeur, en légèreté, en profondeur. Des mots bruts pourtant, sans maquillage, sans artifices. J’en suis émue et même bouleversée.

Autour de moi, plusieurs femmes de notre âge ont perdu leur conjoint ces dernières années. Leur histoire défile devant mes yeux après la lecture de ton texte. Comme toi, elles ont dû affronter le pire. Grandir coûte que coûte

Martine R.


J’ai lu ton texte, extrêmement émouvant. Ecrit avec un réalisme terrifiant que seul un témoin direct de la mort est en droit d’utiliser. Ton écriture t’est essentielle pour garder le lien et te donner de l’énergie. C’est ton oxygène. Chacun, ici-bas, a quelque chose qu’il fait mieux que de vivre.. Toi, c’est écrire. En écrivant, tu vis vraiment, témoin et actrice clairvoyante, puisque tu comprends et exprimes enfin toute la vérité.

Michel D.


A propos de la nouvelle érotique Les voies d’Eros parue chez Edilivre

Quel plaisir de lire ta nouvelle.

Elle est pleine de fraîcheur, écrite avec beaucoup de pudeur et puis c’est drôle.

Anne-Marie B.


A propos du recueil de nouvelles Noire ou bleue ?, paru aux éditions Audace

Dans la revue Reflets Wallonie-Bruxelles

Noire ou bleue, la vie ? En fermant le livre, on aurait tendance à dire : noire. Et pourtant, il y a des moments, même dans la vie des déshérités…Tenez, dans la première de ces nouvelles, cette jeune fille à qui l’on assigne un reste de vie de trois mois, et qui soudain découvre l’amour, de façon on ne peut plus inattendue, dans les bras d’un vagabond. Et puis, la dernière nouvelle, qui se termine par une sorte d’apothéose : Voilà. Vic est morte. Je m’appelle Victoire et je veux bien prendre un verre avec toi ! Mais juste un verre. Après…je verrai. Ces deux derniers mots, Je verrai, renferment toute une philosophie : je verrai, c’est-à-dire je verrai, je réfléchirai, même si tout semble contre moi. Car il est des périodes où, sans trop croire aux destinées fatales, tout semble se mettre contre nous, et les nuages noirs s’accumulent. Mais c’est ce jour-là, précisément, le soir de ce jour-là, que nous est donné brusquement, sous la forêt d’automne, le rire-cristal d’un enfant-jadis. Isabelle Fable me paraît un fort bon témoin de cette philosophie, et son livre, un de ces livres dont nous avons besoin, pour continuer de vivre. Tout cela dans un style simple, sans prétention, mais juste et sans boursouflures. Cela non plus, ce n’est pas si facile.

Joseph Bodson


Dans la Revue générale

Isabelle Fable, Noire ou Bleue ? Audace, 2013

Plus noires que bleues, ces cinq nouvelles d’Isabelle Fable…D’un noir cinglant qui griffe la page comme une aile d’oiseau de proie dans le ciel, laissant, par grâce, un sillage bleu derrière elle. D’une écriture vive, sertie d’images fortes et originales, de jeux verbaux amers, cyniques parfois mais mordants et qui font mouche à chaque coup, ces petites fugues en chagrin mineur nous font connaître et partager le sort de quelques victimes de notre temps, notre « temps du mépris », selon l’expression mémorable de Malraux qui demeure hélas ! d’une navrante actualité. Une poignée de mineurs, enfermés au fond de la fosse, frappés soudain par un coup de poussier et plongés dans une obscurité atroce ; une jeune femme condamnée par la médecine, qui refuse les traitements et qui veut profiter intensément des derniers mois de son existence ; un garçon, lui aussi atteint par un mal redoutable, et qui s’évade par la magie d’un petit avion de papier et passe ainsi des bleus à l’âme à l’âme en bleu ; une femme, dans le métro, enfouie complètement dans sa burka, murée dans un silence qui semble terrifiant et terriblement injuste pour celle qui la regarde ; une ado qui file en train vers Paris, la Seine et sa profondeur mortelle, fragile Antigone perdue dans un monde qui ne la comprend pas et la rejette… Destins détournés du bonheur par la maladie, la fatalité, l’intolérance, l’indifférence, l’égoïsme des autres, des proches même, qui n’ont rien vu venir. Mais le noir de toutes ces épreuves n’est pas inéluctable. Une rencontre, une petite vie parallèle qui s’offre au détour d’un parc, une fiction anodine, un sourire complice, un verre de vin bleu que l’on va boire ensemble au bistrot du coin et tout s’efface. Provisoirement peut-être mais ne vaut-il pas mieux savourer une heure lumineuse, de temps à autre, que subir des jours gris, à perte de vie ? L’amour peut-il sauver une âme morte du naufrage ? Peut-il ramener à terre un être noyé de solitude ? La réponse de l’acteur Vincent Cassel à cette question du même ordre : Croyez-vous à la métamorphose par amour ? Oui, même si on n’échappe pas à ce qu’on est…

Michel Ducobu


Chère Isabelle,

j’ai lu ton livre de nouvelles et je l’ai trouvé formidable. Tous les sujets sont d’une très gde actualité et très réaliste.

Liliane Toussaint


J’ai beaucoup apprécié vos nouvelles qui m’ont donné beaucoup d’émotion mais aussi le sourire et du réconfort.

Christine Hervelle


A propos de la nouvelle Rouge amour, parue dans Francophonie vivante

Vous êtes l’auteure de cette perle d’atrocité ? http://areaw.org/ ?page_id=1899

Remarquablement écrit. Au scalpel. Je ne suis pas très militant pour améliorer les conditions de la femme dans le monde, mais ces pratiques m’ont toujours parues horribles, barbares, scandaleuses et les mots sont faibles. Vous avez trouvé les mots justes. Non seulement la mutilation avec toutes ses conséquences est une abomination mais la douleur doit être atroce. Je n’en pense pas moins de la circoncision par la façon dont elle pratiquée dans certains pays, mais ce que les femmes, les petites filles subissent est évidemment encore pire.

Cela m’amène de nouveau à méditer sur la torture. Evidemment, ici le but n’est pas de torturer mais le résultat est le même. On se dit que cela n’existe pas de la Nature, qu’il y faut la main de l’homme, avec ses instruments coupants. Presque éprouvant à lire.

En tous cas, bravo.

Daniel Pisters


Je m’interroge toujours sur l’instauration de pareils rituels : quand cela est-il apparu, et comment cette barbarie a-t-elle pu se propager au point de rencontrer une "audience", oserait-on dire un "succès" semblable dans les populations ?
Au nom du "religieux" peut-être ? Mais là aussi, je puis admettre qu’on soit adepte de n’importe quelle religion ou intitulée telle, mais je ne puis concevoir que la "créature" prétende "corriger" le créé, ce qui signifierait que le créé soit imparfait et qu’on ait à redresser les erreurs coupables (sic) du créateur.
Bravo pour ce texte qui devrait être diffusé le plus largement possible ! Merci pour le courage d’avoir écrit ces lignes si difficiles et d’en avoir fait non un pamphlet ou un texte d’autorité, mais une histoire vécue : cela porte bien plus loin !

Pierre Guérande

Ma réponse :

C’est en effet ce que je pense aussi. Comment les humains, si férus de leur Dieu parfait, osent-ils lui reprocher d’avoir fait la femme telle qu’elle est ? Ca n’a pas de sens si on se réfère à la religion. Mais ça en a beaucoup plus si on se réfère à la volonté masculine de tenir la femme sous sa coupe. Coupe... le mot est éloquent.


Ai lu ton "Rouge" très vif et cruel. C’est particulièrement fort et je t’en félicite. Ah ! les hommes ! Quelle punition ! Et ces femmes ignares qui leur obéissent aveuglément ! Tous coupables !

Quand vivra-t-on la vraie "révolution" des sexes ? Rêver d’une égalité parfaite et d’un profond respect mutuel... Mais la condition humaine, quelle misère ! Incorrigible et maudite ! Est-ce nous qui l’avons avilie ainsi ?

Michel Ducobu

Ma réponse :

C’est particulièrement fort parce que je crois que c’est vraiment le summum de l’écrasement des femmes, que d’aller jusqu’à leur arracher une partie de leur chair pour les asservir, au nom d’un Dieu ( !?) particulièrement incapable puisqu’il a raté la femme et obligé l’homme à rectifier l’erreur s’il veut tenir sous sa botte ou sa babouche cette chose incontrôlable qu’Il lui a donnée pour compagne (incontournable hélas pour tous ses besoins !), cette chose incontrôlable qui lui fait peur - ce qu’il n’avouera jamais, bien sûr.

Le jour où l’homme acceptera la femme comme une chance et non comme une menace ou une rivale, il ne la craindra plus et il la laissera exister, pour le plus grand bonheur de tous.

La grande question est : faut-il vraiment un dominant et un dominé dans une relation, quelle qu’elle soit ? Ne peut-il y avoir harmonie sans compétition ?


Dans Inédit nouveau

"Dans Francophonie vivante, les collaborateurs s’en sont donné à coeur joie en parlant de tout et n’importe quoi. Par exemple en recensant deux livres dont les titres contiennent le mot "rouge".
C’est encore Isabelle Fable qui s’en est le mieux sortie en étudiant les rapports du rouge et de l’amour. Là au moins le thème a prêté à réflexion...etc. J’ai lu la nouvelle, elle est remarquable et tout à fait dans le sujet. Le rouge n’y est pas qu’un prétexte, puisque c’est la couleur du sang. Bravo !

Paul Van Melle


A propos du roman Ecole et coquelicots

Dans la revue Reflets Wallonie Bruxelles

Un roman à l’ancienne, à l’eau de coquelicot, mais aux pétales rouges qu’on écrase et qui tachent en profondeur !
L’auteur met en scène l’école au début du XXème siècle, dans un joli coin de Provence, histoire de se rappeler les bons moments de l’adolescence à lire du Pagnol. Et le pari, ô combien risqué ! est parfaitement réussi. Ni mièvre, ni convenu, le récit, pourtant écrit d’une manière tout à fait classique, résolument anachronique parfois, nous tient en éveil et en empathie jusqu’à la dernière page.
Grâce au malin génie d’un enfant de dix ans, Michel, confronté au sadisme effrayant d’un instituteur, frustré jusqu’à l’os et qui se défoule copieusement sur ses pauvres ouailles. En butte aux pires vexations, le gamin tient admirablement tête à la tyrannie malsaine et fanatique du magister et parviendra même à retourner mainte situation de victime à son avantage.
On retrouve la patte caustique d’Isabelle Fable et sa plume acérée de croisée quand il s’agit de dénoncer les excès et dérives du mâle assoiffé de pouvoir. Monsieur Labiche (et de même une certaine classe enseignante de l’austère République) en prend pour son grade et passera par tous les cercles de l’enfer, celui qu’il impose d’abord à ses infortunés disciples et qu’il finira par subir à son tour avant de connaître enfin un petit coin de paradis.
Le livre est écrit pour les enfants mais se lira avec profit et plaisir par tous. Son humour, sa finesse d’analyse et ses leçons de saine pédagogie et de morale naturelle sont un bouquet champêtre rafraîchissant par les temps débridés et toxiques qui courent…

Michel Ducobu


Je suis en train de lire ton livre. C’est fort bien écrit. Il faut oser entreprendre un sujet pareil, à l’heure du sexe et de l’indécence narcissique... Je ne prendrais plus cet éditeur, tu mérites mieux : l’impression ne donne pas cet aspect professionnel que réclament les bons livres. Si tu avais situé ton action dans les Ardennes ou en Gaume, tu aurais pu contacter Weyrich qui l’aurait sûrement retenu.

courrier personnel


A propos du recueil de haïkus Sur les ailes des lucioles

A voir sur Internet

- LA CHRONIQUE« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

http://www.frequenceterre.com/chroniques-environnement-191111-2570-Sur-les-ailes-des-lucioles-d-Isabelle-Fable-Editions-du-Cygne.html

Un haïku est une forme poétique particulièrement codifiée qui nous vient du Japon où elle fut créée au XVIIe siècle.
Composée de mores, notion plus fine que celle de la syllabe, il s’agit d’un petit poème constitué d’un verset de dix-sept syllabes. Cela paraît un peu compliqué pour le profane et c’est peut-être la raison pour laquelle il fallut près de trois siècles pour que le haïku soit aussi à l’honneur en Occident.
C’est tellement vrai que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, en est devenu un auteur prolifique car il y trouve une forme de poésie légère et concise qui offre l’opportunité d’aller à l’essentiel de la parole dans un langage non sophistiqué, dit-il.
Généralement, le haïku vise à exprimer l’évanescence des choses, spécifient encore les spécialistes du genre.
A ce titre, Isabelle Fable a écrit un recueil de haïkus sous le beau titre de « Sur les ailes des lucioles » publié aux Editions du Cygne. Huit chapitres y donnent rendez-vous au lecteur dans la forêt, à la mer, sur un lac, au jardin, dans un verger… En voici quelques extraits significatifs :

la vie perle à perle
écoule en colliers légers
rapines et dentelles

effeuillant mon âme
l’air se respire en pétales
et le temps s’apaise

quand l’arbre émouvant
sort de terre en la lumière
temple de la vie

Je vous lis un quatrième qui fleure bon le temps de nos grands-mères et arrière-grands-mères, écologistes avant l’heure pour d’aucunes :

pomme pépins cannelle
quand mijote la compote
naît un nouveau fruit

Pierre GUELFF Journaliste-Ecrivain Chroniqueur : RTBF-Radio et TV et TV5 Monde et Fréquence Terre (web Radio/France).


- L’avis de France Bastia, Présidente d’honneur de l’A.E.B.

J’ai bien reçu des Editions du Cygne votre recueil de haîkus Sur les ailes des lucioles et me suis aperçue avec plaisir que vous aviez une plume aussi légère et aussi fine pour ciseler des poèmes que celle que je vous connaissais en romancière et nouvelliste !


- Dans Inédit 253

Peut-être plus neufs encore pour une Isabelle Fable qui nous a habitués à ses romans, contes, nouvelles, notes critiques et un peu moins de poésie, le volume de haïkus (il faut bien que je respecte pour l’auteur cette graphie qui me gêne) qu’elle intitule poétiquement Sur les ailes des lucioles. Un seul par page, ce qui met en valeur chacun de ces tercets à la japonaise. L’auteur respecte scrupuleusement les 5/7/5 que les Français et francophones ont inventés pour faire semblant de faire du haïkou (tant pis, je francise !). Par chance, l’imagination est reine et les autres exigences des théoriciens, Fable les ignore superbement. Et je répète, par chance. Le préfacier, Michel Ducobu, l’a aussi bien compris.

Paul Van Melle


- Dans Le bibliothécaire

Quel joli titre porte ce recueil de haïkus et quelle jolie photo ! Cela laisse présager d’un plaisir certain à lire ces petits poèmes de dix-sept syllabes (5-7-5) départagés en huit parties. Chacune de ces parties a pour sous-titre un mot ou deux qui marquent l’humour de son auteur (sur le lac, à la mer ou la mare). Le sourire ne sera jamais loin.

Les haïkus nous viennent du Japon et rappellent cette discrétion, cette sobriété, cette concision qui caractérisent les paysages nippons. Isabelle Fable joue de ces qualités et transforme des riens en gouttes étincelantes, en perles dorées et parfois en larmes furtives. Il s’agit d’un jeu de lumières, qui abondent pour le plaisir du lecteur. Lumières parfois éphémères.

Pour chaque haïku, les mots sont bien pesés mais si légers qu’on les croirait sortis de la brume ou d’un nuage de passage ou encore d’un rêve inventé. Isabelle les saisit pour faire naître la beauté d’un paysage, d’un sentiment, d’un émerveillement.

larme élue de miel
lampes et lames ensoleillées
calmes effusions

cisaillant l’azur
rondinella l’hirondelle
éclair de printemps

Il y a la sonorité des mots et aussi leur musique, qui les relie les uns aux autres. L’auteur souhaite que ces quelques vers soient aussi raffinés que possible, et le haïku traduit une pensée où se cache un chant intérieur.

A cause des raccourcis, les images sont fortes et répandent des sortilèges. Le lecteur va pas à pas à la découverte de sa propre poésie, qu’il ignorait posséder.

Ariane François-Demeester ( novembre 2011)


- Dans Francophonie vivante

Quel joli titre porte ce recueil de haïkus et quelle jolie photo sur la couverture ! Cela laisse présager un grand plaisir à les lire. Et de fait, le lecteur parcourt ces petits poèmes avec joie même si le contenu est parfois grave, voire triste. Il s’agit de magie ! Le recueil est divisé en huit parties. Chacune d’elles a pour sous-titre un ou deux mots qui déjà marquent l’humour de l’auteur ( Sur le lac, à la mer, ou la mare...) A les lire en suivant, on se dit que le sourire ne sera jamais loin. Les haïkus, ces poèmes qui comportent trois vers de dix-sept syllabes (5 -7-5) nous viennent du Japon et rappellent cette discrétion, cette sobriété, ce raccourci, cette concision qui caractérisent les paysages nippons. Isabelle Fable joue de ces qualités et transforment des riens en gouttes étincelantes, en perles dorées et parfois en larmes furtives mais brillantes. Il s’agit de tout un jeu de lumières qui abondent pour le plaisir du lecteur. Lumières parfois éphémères... C’est, pour chaque haïku, des mots bien pesés mais si légers qu’on les croirait sortis de la brume ou d’un nuage de passage ou encore d’un rêve inventé. Isabelle Fable les saisit, en un instant précis, pour faire naître la beauté passagère d’un paysage, d’un sentiment, d’un émerveillement :

cisaillant l’azur
rondinella l’hirondelle
éclair de printemps

On les écoute parce que il n’y a pas que la sonorité des mots mais aussi une musique qui les relie les uns aux autres. Isabelle souhaite que ces quelques vers soient aussi raffinés que possible et c’est vrai que les mots traduisent une pensée où se cache un chant intérieur : larme élue de miel lampes et lames ensoleillées calmes effusions

le souffle en suspens
sourd se ramasse et revient
pour charger la plage

entrelacs des feuilles
tatouées sur chair de ciel
en douce mouvance

Le langage est condensé pour donner plus de force encore à l’image que suscite le décor et pour répandre des sortilèges qui éclatent en feux d’artifice. Et le lecteur marche ou vogue de pas à pas, de lame en lame, à la découverte de sa propre poésie, qu’il ignorait posséder.

Ariane François-Demeester ( novembre 2011)


- Dans Le Non-Dit - art et littérature n° 94 – janvier 2012

le prodigieux crépitement des mots

Isabelle Fable est parfaitement « épinglée » par Michel Ducobu, son préfacier : « Nous la connaissons, subtile, raffinée, exigeante et particulièrement soucieuse de beau langage, d’écriture ciselée et sertie de trouvailles. » C’est probablement cette exigence qui préserve l’écriture de l’auteur, qui la garde aussi de ne jamais recourir au « lieu commun » alors que l’écriture du haïku tient précisément à la juste capture de l’instant.

Oui, il s’agit bien d’une réussite :

sous la dent la pomme
chair ivoire acidulée
l’amande en pépin

On retrouve, dans la poésie d’Isabelle Fable, une rare intelligence de regard qui lui permet d’isoler l’instantané pour le fixer, tout vivant encore, dans l’enveloppe invisible d’une page blanche. Par jets successifs, par ricochets, l’album de tous ces « arrêts sur image » tente de donner un sens au passage, à la vie profonde, à ces multiples référents qui suivent le cours impromptu des jours. J’aime la remarque de Michel Ducobu : « mettre son talent au service des merveilles élémentaires qui nous entourent. » Et par un juste retour des choses, le passage à témoin du haïku, qui nous ressourcera quand nous y penserons le moins, quand il sera temps de s’en remettre aux priorités élémentaires du regard et de ses couleurs essentielles.

Michel Joiret (janvier 2012)


- Dans Reflets Wallonie-Bruxelles n°32 (avril-mai-juin 2012)

Légers, légers, les haïkus d’Isabelle, ailés bien sûr. Et comme le dit Michel Ducobu dans sa belle préface, fruits d’une présence au monde attentive, prête à capter le moindre détail et à le fixer, par la magie du verbe. Magie qui, dans les haïkus du début, use surtout des sonorités, stridences, bourdonnements, allitérations multiples. Mais il ne s’agit pas seulement de sonorités pures et vides de sens.

quels mots effacés
sous les feuilles qui chuchotent
chuintent sous mes pas

Il y a donc bien un arrière-plan et, comme une profondeur cachée, des mots murmurés…on se croirait parfois dans un parc verlainien ou dans ce temple aux vivants piliers célébré par Baudelaire. Et cela ne va pas sans une certaine allégresse, celle des commencements de vie, qui contraste fort heureusement avec cette inspiration aux couleurs plutôt sombres à laquelle Isabelle Fable nous avait habitués :

c’est l’aube du monde
le matin des grands espoirs
les fourmis s’affairent

Souhaitons-lui de connaître encore beaucoup d’aubes, de matins comme ceux-là et de nous les faire partager.

Joseph Bodson


A propos du roman pour enfants Benoît

Un chat qui est un vrai "ouvreur d’amitié" pour un jeune garçon sympathique et, mine de rien, cela permet à l’auteur une analyse d’une société parfaitement contemporaine et pour une fois positive. C’est écrit sobrement. Ce manuscrit figurait parmi les sélectionnés.

Jury Prix Roman Jeunesse (Ministère français de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche)


A propos du recueil de nouvelles érotiques Coquines

- Dans Reflets Wallonie-Bruxelles - n°28 (avril-mai-juin 2011)

« COQUINES – NOUVELLES EROTIQUES » d’Isabelle FABLE

On s’en souvient, la poétesse belge Isabelle Fable avait déjà fait parler d’elle en 2008, lorsque son très beau recueil « Femmes en souffrance » s’était méritoirement vu octroyer le Prix Delaby-Mourmaux de l’A.E.B. La voici qui nous revient à présent dans un genre tout à fait différent, mais non moins séduisant, puisque « Coquines », son dernier opus, consiste cette fois… en un recueil de nouvelles érotiques ! Ce qui n’est pas tout à fait étonnant dans un sens, si l’on sait que l’auteure avait songé un temps à apporter sa contribution personnelle à « Fragments d’Eros », l’ouvrage collectif relevant du même genre littéraire et paru il y a peu aux Editions Novelas.

Si l’érotisme en littérature constitue aujourd’hui un genre particulièrement à la mode – autant chez les écrivaines que chez les écrivains d’ailleurs ! –, il s’enracine parfois dans un univers glauque où un culte inavoué de la perversité et du sadomasochisme tente de se donner un semblant de respectabilité par le biais de considérations pseudo-mystiques relevant davantage de la psychiatrie que de la littérature. Rien de tel heureusement dans l’ouvrage d’Isabelle Fable où, tout au contraire, le sexe frais et décomplexé voisine résolument avec l’humour, la fantaisie et la bonne humeur.

En 51 pages bien …troussées, le lecteur peut y suivre non sans délectation les aventures très corsées qu’y vit la jeune et troublante Arielle au cours de trois récits successifs intitulés « Cours de maths ou cours de langues ? », « Muses au musée » et « Boomerang ». Si la langue ( !) utilisée se veut résolument dépourvue d’apprêts et de fioritures lyriques – mais est-ce bien nécessaire dans ce domaine ? –, l’ensemble s’avère simple et agréable à lire, les trois nouvelles à la construction narrative très maîtrisée témoignant de surcroît d’un art consommé de la chute. Isabelle Fable y réussit l’exploit peu commun de cultiver l’audace du récit sans pour autant tomber dans le piège de la vulgarité. On accordera enfin une mention toute spéciale à la grande originalité des situations décrites, le genre érotique se prêtant hélas trop souvent à l’évocation de clichés plus ou moins ennuyeux à cet égard.

Bref, un petit livre particulièrement réussi, que l’on dévorera avec un plaisir non dissimulé… et auquel les lecteurs et lectrices attendront impatiemment une suite, tant l’auteure y fait montre d’un talent étonnant dans ce registre !

Louis Mathoux


- Dans Reflets Wallonie-Bruxelles - n°28 (avril-mai-juin 2011)

L’érotisme se porte bien de nos jours. A croire que tout auteur, même le plus sérieux, s’y laisse prendre... Pourquoi pas ? L’écriture offre aux fantasmes l’accueil le plus chaleureux et inoffensif qui soit. Isabelle Fable s’y coule à son tour, sans dissimuler son plaisir et sa manière, très féminine de voir les choses... et la chose. La femme s’amuse ici , se réjouit d’être si belle en son miroir ; l’homme n’attend pas le verdict de la glace, il la traverse sans se poser de question. C’est la transgression qui l’intéresse.
Ainsi, une jeune élève aguiche son professeur de mathématique en lui révélant du bout de ses crayons coquins les vraies formules secrètes d’une inconnue ; on la retrouve avec une amie, cachées, la nuit, dans le Musée Grévin, à s’offrir nues au cou des idoles de cire, qui en fondent d’aise... Au bal masqué enfin, la frivole Arielle trouve plus ardente qu’elle à séduire les hommes mûrs et bien mariés... On ne vous dit pas tout pour que vous puissiez imaginer et surtout savourer le reste... à belles dents, s’il vous en reste pour ce genre de craquantes sucreries...

Michel Ducobu


- Dans Inédit 251

Notre amie Isabelle Fable s’est amusée à trois nouvelles correspondant parfaitement au titre qu’elle a choisi pour l’ensemble : Coquines . Son érotisme m’a semblé un peu étrange. L’auteure, manifestement pour moi, ne prend pas ses "héroïnes" au sérieux. Du coup, elle exagère le trait, mais fort heureusement joue des situations imaginaires qu’elle décrit avec le sourire.
Si je dois préciser mon compliment, elle m’a fait penser à la fois à Alfred Jarry et à Pierre Louys, surtout à leurs livres bien connus des amateurs de plaisir. "Le surmâle" et "Les aventures du roi Pausole". Là aussi, c’est l’excès qui fait que l’on s’amuse. En tenant compte que l’écriture est parfaite. Peut-être même l’auteure aurait-elle intérêt à s’amuser autant dans ses prochains livres.
Je me souviens de son premier roman, "Carambole du diable" (Inédit 172), plus "sérieux", qui m’avait bien plu. Les recueils suivants, du moins ceux que je connais, (Inédit 169 et 177), sont encore différents, mais je pense que l’on n’est jamais meilleur que dans le plaisir... d’écrire.

Paul Van Melle


- Bonsoir Isabelle !

Je t’écris un peu tard mais je n’en ai pas moins dévoré tes nouvelles érotiques. Quel doigté ! (si je puis dire). Tu écris vraiment très bien. Je te donne mon tiercé : 1. Cours de math ou cours de langue, 2.Boomerang, 3.Muses au musée. La description de la fille et du chat est une merveilleuse trouvaille.

courrier personnel


- Mon avis sur tes Contes érotiques : c’est de très bon goût, sauf les quelques dénominations "triviales" du sexe masculin. On ne devine que trop ton féminisme moqueur ...

Michel Ducobu


Avis sur Coquines, donnés par un membre (masculin) du comité de lecture d’une maison d’édition débutante et ensuite par l’éditrice elle-même, qui a finalement renoncé à publier... et semble avoir disparu du monde de l’édition depuis lors !! :

Comme promis voici mes impressions après la lecture de « Coquines ».

Pour être honnête, je n’ai pas aimé le premier texte « Cours de math ou cours de langue ? ». Il m’a trop rappelé mes premières lectures cachées d’adolescent, une succession de clichés dénués de sens et d’un déroulement presque prévisible. Par contre j’ai adoré le style d’écriture, très vite « mon cinéma mental » m’a happé dans la réalité contée, suffisamment pour m’inciter à lire la suite. J’ai vraiment bien fait de poursuivre, les cinq autres textes ont été un régal tant dans la description des différents contextes que l’élégance et la richesse des écrits. L’humour est subtil et discret mais il fait mouche. Bref, j’ai dégusté jusqu’au bout sans bouder mon plaisir.

J’ai juste un regret mais il est de taille, la fin des histoires est souvent coupée à la hache. L’érotisme évoque la sexualité. Du premier regard au dernier baiser avant de se quitter, tout est important. Je dirais même que c’est ce dernier baiser que l’on va emporter avec soi après les ébats, souvenir immatériel du voyage, conducteur des sensations au-delà de l’expérience. C’est bien de cela que nous prive l’auteure, du dernier baiser ! Les « fins » nous arrachent trop brusquement, trop brutalement d’un monde idéalisé vers sa polarité opposée, la mort et la peur… Où est le mal de prendre son temps, veillant à prolonger le plaisir jusque l’infini si cela était possible ? La hache rangée, ce sera du pur plaisir….

Merci pour ces moments de plaisir. Lecteur masculin


L’avis de l’éditrice :

Cours de math ou cours de langue ?

Bravo ! Ça donne faim ! Très faim... mais justement, je reste sur ma faim ! Bien écrit, bien décrit, vous avez l’art de mener le lecteur crescendo dans une excitation certaine, mais qui reste inassouvie. C’est même très cruel :-) ! Pourquoi bâcler la fin ? Tout était si excitant et puis paf ! Une histoire précipitée d’escalier, de polycopie et fini – il m’a fallu relire trois fois ces deux paragraphes pour bien cerner l’idée de la chute – quel dommage ! Pourquoi le lecteur est-il puni ? Perso j’aime bien laisser les chutes soudaines et courtes à la prosodie des sonnets. Rien ne vous impose d’en découdre le plus vite possible. Pourquoi ne pas aller au bout des choses et donner au lecteur ce qu’il est droit d’attendre en lisant une nouvelle érotique (ou juste allumeuse) ? Pas besoin d’entrer dans le vulgaire, le hard, le SM ou le gore :-) Vous pourriez très bien rester sur le même style en donnant une fin plus généreuse au lecteur qui, en fin de compte, n’attend qu’une seule chose, c’est que ce bellâtre de prof de math profite de la vie qui lui sourit tant ! Nul besoin d’en faire une tartine. Quelques descriptions supplémentaires comme vous savez si bien les offrir, telles qu’a pu les percevoir Arielle armée de son petit objectif et hop ! Voilà votre lectorat en fièvre rompu à votre plume !

Muses au musée

Pareil ! Pourquoi bâcler la fin sur deux paragraphes ? Encore une fois, je reste sur ma faim. Le grand Cro-Magnon aurait pu s’offrir un peu plus de délices, vu les circonstances ! Pourquoi en priver le lecteur ? Vous n’êtes pas en train de conter fleurette ni le lecteur là pour une lecture "avec contrôle parental", enfin, on s’est comprises. Allez-y, déchaînez-VOO, ben, oui, déchaînez-VOO... ! Exploitez votre talent jusqu’au bout ! Pourquoi le brider ? Vous chauffez, vous chauffez, vous chauffez le lecteur... puis, ben... ça tourne court, trop court ! Donnez-lui davantage de plaisir ! J’ai comme l’impression d’une retenue de votre part, pourtant... :-)

Boomerang

Ah ! Le vent tourne, on retrouve la partie "épicée" au coeur et plus dans la chute, qui paradoxalement de ce fait, peut se permettre d’être brève puisqu’elle n’est plus "l’attente".

Tsunami

Aaaa... votre plume devient plus généreuse tout en restant dans le même style d’écriture et de descriptions, n’empêche, j’aurais bien aimé en savoir un peu plus sur les autoattouchements d’Arielle ! Sympas les "chipotages" de Romain, mais enfin ! pourquoi tant de légèreté/liberté amenées pour si peu d’imagination ensuite dans les scènes de sexe ? (surtout qu’on ne me la fera pas, l’auteure a plus d’un délice dans son sac), pourquoi ne pas faire assister Arielle aussi a des choses qu’elle ne connaît peut-être pas encore, à un peu plus de fièvre ? Elle aurait pu apprendre des trucs, les tester sur place, participer ? J’ai une soudaine envie de vous comparer à un cavalier - sans doute inconsciemment à force de penser au mot "brider". Un cavalier sur une monture puissante, mais toujours en train de la freiner. Elle peut marcher, trotter, galoper, mais pas trop vite, pas trop fort. Par peur ? De quoi ? De trop de succès ? ! :-)

Subliminal

Mon Dieu, quel bonheur ! Un délice absolu... Je me suis sentie fondue dans le corps d’Arielle l’espace d’un temps ou dans l’espace-temps du plaisir. Serait-ce la brièveté des autres nouvelles qui les privent de tant de savoir-faire ? J’ai tendance à le penser ! Tout est formidable tant qu’on vous sent dans le plaisir (non, ce n’est pas un mauvais jeu de mots) d’écrire, de prendre le temps d’écrire... dès qu’on en vient à l’issue, apparemment souvent une chute brutale, c’est comme si cela vous emmerdait plus qu’autre chose de devoir y mettre une fin ! Marrant :-) On a l’impression aux nouvelles 1 et 2 que vous avez été pressée d’en finir.

Ermeline ou l’éthique érotique

Réponse à ma question. En donnant à la nouvelle la longueur lui permettant d’exprimer vos idées, vous lui permettez de s’exprimer dans une certaine constance, comme elle en a besoin, sans bâcler quoi que ce soit. C’était superbe. J’insiste sur le fait que ces remarques sur vos nouvelles ne sont pas à prendre négativement, mais objectivement, surtout. N’y voyez là rien d’autre que la recherche d’un mieux, d’un plus, mais surtout rien d’offensant.

J’ai eu d’autres avis. Même chose, les opinions se recoupent toutes. Tout le monde apprécie mais tout le monde ressent que l’auteur aurait pu se fouler un peu plus. Vos textes vous appartiennent mais tels quels, ils ne m’intéressent pas, merci de votre compréhension.

L’éditrice


Mon avis d’auteur

Ils ignorent apparemment le principe de la nouvelle, qui est de surprendre par une fin inattendue, qui vous tombe dessus comme une douche froide ou une pluie d’orage !
Ils semblent aussi ignorer que l’amour et la mort font la paire et ne sont jamais loin l’un de l’autre…
Ils semblent confondre érotisme et pornographie, l’un est léger, subtil, l’autre est lourd et gras
Ignorer surtout qu’on peut s’amuser de tout...

Amour, humour et mort, quel trio !


A propos du recueil de contes fantastiques Clair d’étoiles

- J’ai lu avec beaucoup de plaisir tes deux livres et les ai trouvés fort bien écrits et extrêmement originaux, surtout les Contes fantastiques. C’est du grand art : des contes de fées qui sont souvent profondément philosophiques et très riches en inventions et en symboles...

Michel Ducobu


- Dans Inédit 253

Contes et récits de tout genre

Je commence par Isabelle Fable, qui se débat pour gagner des concours et publier ses livres sans régler de note, sauf cette fois où elle admet l’autoédition (Inédit 169,172,177,251) et réussit parfaitement. Son dernier, Clair d’étoiles , c’est du fantastique, mais je l’appellerais plutôt conte de fée pour adules. Juste ce qu’il faut pour rêver comme j’aime le faire au coin du feu, seul dans la demi-obscurité le soir. Comme pour la plupart des fantastiqueurs. La fantaisie et la force de caractère de cette écrivaine sans complexes enchanteront les amateurs de bien-être. (67/41 boulevard Mettewie, B 1080 Bruxelles)

Paul Van Melle


- Courrier personnel

C’est d’une fraîcheur absolue mêlée à de l’observation très juste : ainsi, le regard que porte le petit chat domestique sur la maisonnée est excellent.

Pierre Guérande


A propos du long poème "Frissonnante forêt"

- Dans Le Reflets n°25 - septembre 2010

Des poèmes très étudiés, d’une grande richesse lexicale, tout foisonnants de couleurs, de germinaisons, d’agonies aussi : la forêt n’est-elle pas l’image même de notre vie, avec ses saisons de gloire et ses saisons d’angoisse ? Et, dans le souvenir, dans le sous-bois du subconscient, les traces de ces germinations, de ces naissances, de ces souffrances. Il ne s’agit pas seulement, en effet, de virtuosité verbale gratuite, même si les assonances, les consonances, les allitérations sont nombreuses, mais du drame profond, existentiel, de tout ce qui vit et meurt autour de nous.

Joseph Bodson

Très étudiés, mes poèmes ? J’ai écrit ça les 4 et 5 juin 2008, en me fondant en imagination dans la forêt et j’ai laissé venir ce qui voulait venir. Aucune angoisse existentielle, au contraire, la certitude sereine de la vie qui se poursuit malgré la mort apparente. Les individus meurent, la vie se poursuit.


A propos du recueil de poèmes "Femmes en souffrance"

Prix Delaby-Mourmaux, attribué par l’AEB en 2008. Le jury se composait de Joseph Bodson, Michel Ducobu, Jean Dumortier, Anne-Michèle Hamesse, Marie Nicolaï et France Bastia, présidente du jury.
Edité aux Editions du Coudrier en 2009 - Double préface, de Marie Nicolaï et Michel Ducobu - Illustrations d’Olivier Fable

- Dans Nos Lettres n° 11 - novembre 2008

Isabelle Fable, venue sur le tard à l’écriture, quand ses enfants eurent grandi, est déjà titulaire de nombreux prix : concours Pyramides, concours organisé par la Revue générale, un roman primé et publié à Paris.

Isabelle Fable, c’est une voix. Ou plutôt un cri. Le cri des femmes qui n’ont pas eu l’occasion, suite à ce qu’il est convenu d’appeler pudiquement les ’circonstances de la vie’, dirons-nous les ’choses de la vie’ ?, de se réaliser pleinement. De toutes celles qui portaient en elles ce don précieux de l’écriture et qui ont osé crier, gémir, se plaindre, mettre en accusation l’éternel masculin.

La moquerie est facile ; il est facile aussi de rejeter dans un passé révolu cette querelle qui, en fait, ne vous en déplaise, messieurs, est toujours actuelle. Passé révolu ? Mais il est un fil rouge qui, dans notre littérature, va de Marie de France et Louise Labé à Marcelline Desbordes-Valmore, à Louise Michel, à Flora Tristan, à bien d’autres aujourd’hui.

Notre époque, férue de modes nouvelles, et qui abhorre les rappels et les redites, peut bien rejeter cette plainte, qu’elle soit sourde ou à voix pleine, au rayon des vieilles lunes. Il se trouvera toujours une femme, que ce soit au 13e siècle ou au 21e, pour relever le gant. Pour redire, à toute force, l’inacceptable.

Et quoi d’étonnant si cette plainte revêt une forme très classique, sans fioritures, sans accroche-coeur, bien loin de tout hermétisme ? Ici, métaphores vives, allitérations, effets de rythme, recherche de vocabulaire n’ont rien d’hermétique. Tout bois est bon à brûler et tout alimente le même foyer. Ce sont les mots même du quotidien qui alimentent le foyer. Et si parfois la plainte nous fait mal, à nous aussi, nous gêne et nous dérange, n’est-ce pas que nous sommes allés trop loin, peut-être, dans le sens de la légèreté et de la futilité ?

Comme disait le bon François, Homme, ici n’est point de moquerie. Tout est réel ici, c’est la vie de tous les jours, celle devant laquelle trop souvent, nous nous fermons les yeux, nous nous bouchons les oreilles. Ecoutons-la encore, cette musique un peu aigre, un peu crissante :

Femme saumon

et la femme est saumon
qui se lance
à l’assaut des cascades
vole à contre-courant
dans le vent noir de pluie
pour vous donner la vie
avant de s’effacer
les ailes repliées
dans le creux d’ un rocher
et de s’éparpiller
en flocons de néant

Non, décidément, la poésie ici n’est pas un vain jeu de mots, ni un amusement mondain, ni le simple ornement de comices littéraires. La poésie a tout simplement les accents, les hauts et les bas, les graves et les aigus, toutes les rudesses de la vie.

Honni soit qui mal y pense.

Joseph Bodson


- Dans Nos Lettres n° 11 - novembre 2009

Femmes en souffrance
trop souvent restent à quai
rêves en rade
toutes voiles allumées

annonce, en épigraphe de En souffrance la première partie du recueil, suivie de En balance etEn partance. Mais ces quatre vers auraient pu se trouver en épigraphe du recueil entier, tant il résume et reflète la souffrance, le désenchantement et le silencieux appel au secours des femmes, dont Isabelle se fait ici le porte-parole.

A se rêver

Emmaillotée de jours passés
à se rêver
se désirer
à dériver entre deux eaux
entre les seaux
et les berceaux

à écoper quand on prend l’eau

à empiler tous les vieux rêves
dans le tréfonds d’un grand panier
car un jour on aura le temps

Et le temps passe sur son radeau

Le poids de l’homme, dit Michel Ducobu dans sa préface, sa violence, son égoïsme, son regard sur la femme... sont-ils devenus plus faciles à supporter aujourd’hui ? On en doute fort.... A lire Femmes en souffrance en effet, hélas.
Mais il est aussi d’autres regards que ceux-là ! Je songe, par exemple, à celui de Jean Dumortier dans son récent Claire ou le goût du bonheur, à Roger Foulon évoquant sa femme dans son dernier recueil... mais aussi, chères consoeurs, à tous ces hommes, ni pesants, ni violents, ni égoïstes, mais délicats et délicieux et qui rendent si beau le temps passé ensemble sur le radeau !
Les poèmes si poignants de Femmes en souffrance méritaient bien le prix Delaby-Mourmaux mais si Isabelle Fable nous écrit un jour prochain un Femmes en bonheur, voilà qui nous mettra un peu de baume au coeur et lui ouvrira certainement un autre de ces prix dont son talent est coutumier !

France Bastia


- Dans le Reflets n° 22 - novembre 2009

On aurait pu croire naïvement que le féminisme triompherait définitivement en ce nouveau siècle et que le règne du mâle s’effondrerait enfin sous les coups de la femme victorieuse, partout célébrée, sur les écrans, les affiches, les pages pâmées des magazines... Mais ce serait fermer les yeux sur une vérité hélas ! universelle. La femme demeure en souffrance dans beaucoup trop de moments de sa vie et ne se libère pas à coups de slogans ou en prenant les devants d’une aventureuse libéralisation des moeurs. C’est à quoi nous fait réfléchir, durement parfois, Isabelle Fable, dans son style si personnel, si imagé, qui, curieusement, rappelle parfois celui de Brel, qui n’était pas, lui, particulièrment féministe...
Femme qui rouille, qui se consume dans l’amour vorace, femme délaissée, écuelle éculée que l’on brise au talon, mère atterrée de voir le sort cruel que l’on réserve à ses enfants, à ses fils que l’on sacrifie sur l’autel des guerres, fille violée sous les coups du sagouin...
On le voit, l’homme n’est guère épargné par l’auteure, même si elle rêve encore et toujours d’amour fou, d’amour filou, d’évasion vers les étoiles, d’une échappée qui la délivrera et qui se vivra, non pas dans un rapport de forces, mais dans l’échange, l’étreinte débridée, sans bride, au coeur d’un fragment d’éternité.
Echapper à la belle oeuvre du grand mâle, éviter le piège du beau ciseleur de mots, sans se priver de croire encore au fabuleux voyage à deux, seul rempart peut-être contre le mal de vivre, le désespoir de survivre vaille que vaille, de vieillir vieille que vieille et de finir un jour en partance, sur le quai fatal. C’est là, dans ce combat, ce tourment quotidien, que le coeur de la femme balance et appelle, attend qu’on l’écoute et l’apaise.
Un recueil poignant, qui nous remet la femme en face, à hauteur de notre honneur d’homme.

Michel Ducobu


- Présentation du recueil au Grenier Jane Tony le 20 mars 2010

Dans la longue suite d’échos parlant de la féminité depuis les événements de 1968, ce recueil tient une place particulière, s’inscrivant comme un reflet lumineux de la poésie, où l’amertume tout à fait justifiée est exprimée sans ménagement et sans quiproquo. Femmes en souffrance, femmes en balance, femmes en partance, les trois thèmes du recueil. Pour chacun d’eux, Isabelle Fable dit tout haut et en toutes lettres de feu ce que beaucoup de femmes pensent tout bas. Cris du cœur, cris des tripes, qui ne sont pas pour autant privés d’effluve poétique.

l’amour épaule et tire à vue
les plumes volent
et les palombes se dissolvent
au sable blême de l’oubli

J’ajoute… de l’oubli chez les hommes, les femmes n’oublient pas. Il y a des cicatrices qui ne se referment pas… Recueil sombre, où l’espoir des jours décantés se tient à peine sur les doigts d’une main. Mais le mince espoir reste dans la constellation comme un regard sur la Petite Ourse par une nuit d’été. Regard sans fard d’une femme solidaire de la souffrance des siens et qui n’attend ni prières ni slogans ou pommades de bonimenteurs pour faire face au destin. Recueil des femmes qui ont gardé le silence et s’y sont enfermées jusqu’au cancer…, parfois jusqu’à la mort. Ecrire, c’est parfois être porte-parole. La poésie, c’est cela aussi : garder l’émotion sur un fil tendu appelant plus à la réflexion qu’au chant.

Jean Dumortier


- Courrier personnel

Le feu se trouve dans chaque vers de ce poignant recueil auquel tu as donné le jour. Et ce feu qui se dégage brûle dans les mains et chauffe le cœur de celui qui le lit. Naturellement je parle de mon expérience. Rarement j’ai lu des propos si réalistes, si justes et si bien exprimés (avec un lyrisme fort et profond) en parlant de la condition des femmes (de la femme universelle). Il faut être femme et vivre consciemment dans le monde fait par (et pour ?…) les hommes pour décrire la situation et les sentiments des femmes qui subissent leur conception tel que tu le décris. C’est à vous, oui, les femmes poètes, de dénoncer cette situation pour que petit à petit (ou à grands pas) puisse changer de direction une fois pour toutes. C’est à dire pour que les hommes reconnaissent le rôle essentiel des femmes, qui n’est autre que celui de la complémentarité - d’égal à égal - pour faire un monde juste où l’amour soit la base de toutes les relations humaines. Je sais que c’est une utopie, un tel regard sur le monde ; mais s’il n’y a pas des voix comme la tienne, on se retrouverait aux temps des pharaons ou du Moyen-Age.

Nemesio Sanchez


- Dans la Libre Belgique du 3 mai 2010 - rubrique Poésie

Le mot en question

C’est du mot que va s’emparer Isabelle Fable, et revoir avec lui ce qu’on appelle le temps qui passe, les attitudes, visages, rôles ou destins. Le mot bref, ciblé, qui nous bascule du côté de ’Femmes en souffrance’. Et nous remet (sans jeu de mot !) dans la fable où ’mer’ et ’mère’ sont en connivence, où le temps passe sur son radeau’ , où les mots jouent avec eux-mêmes, même au moment où la mort s’espadrille.

Luc Norin


- Présentation du recueil à l’AEB le 18 mai 2011

Présentation par Dominique Aguessy.

Dominique Aguessy commence par interroger Isabelle Fable à propos de la genèse de ce recueil. En fait, il a été écrit en deux fois ; comme souvent, Isabelle Fable a été motivée par un concours ; elle voulait écrire sur l’amour, mais, l’inspiration ne venant pas, elle a décidé de prendre le contrepied de ce thème…

Suit la lecture d’un poème, La vieille. La femme, nous dit l’auteure, plus que l’homme, est poussière et le sait. Son corps se détériore plus vite ; sa force, c’est de le savoir. Pour sa part, elle ne croit pas en une fin définitive, l’âme, comme le corps vers la matière, retourne dans un psychisme collectif.

Un autre poème, très dur, Framboise écrasée , évoque une femme battue par son mari en présence de ses enfants, ce qui est la négation totale de la femme, en tant que mère aussi . Un poème très dramatique, avec cette façon, bien dans la manière d’Isabelle Fable, d’aller au fond des problèmes.

La présentatrice souligne le fait qu’elle parcourt souvent des thèmes proches avec des touches différentes. Ainsi, le thème du temps qui court, avec une pointe d’autodérision. C’est un recueil de la compassion et de la protestation. Oui, enchaîne Isabelle, je ressens fort ce que les autres vivent. L’animal, la plante même, peuvent souffrir, comme les humains. Une seule règle : le respect pour la vie, sous toutes ses formes. Il ne s’agit ni de revendications, ni de vengeances.

Elle allie compassion et justice : il faut les entendre à l’intérieur de nous-mêmes. Elle évoque alors un passage de la préface de Michel Ducobu : Chacun s’en va avec ses questions. Homme et femme sont des êtres complémentaires. Pour Dominique, l’état du monde est une relation d’harmonie et de confrontation.

Mais l’homme a toujours tenu le haut du pavé, reprend Isabelle. Le mâle doit s’affirmer, le femme est prise dans la chaîne de l’enfantement, l’homme se retire du processus de procréation. Mais il ne peut pas être dominant partout. Pourquoi, d’ailleurs, faut-il absolument dominer ?

Le monde évolue, note Dominique. Quelle place restera-t-il pour le bonheur, l’amitié ? Il faut se garder d’affirmations souvent trop fortes. Le débat ne peut être clos.

Elle souligne, dans l’expression d’Isabelle Fable, l’économie de mots et d’images. Il y a évolution dans le recueil, enchaîne l’auteure, du plus noir au plus serein. Et elle évoque Gabriel Ringlet, à propos de la souffrance partagée.

Une vision dramatique et doloriste du monde, traduite dans un langage immédiatement accessible, et dans laquelle la présentatrice a su pénétrer avec beaucoup d’empathie, tout en cherchant à la tempérer quelque peu…Mais si la souffrance est transmissible, l’apaisement l’est-il au même degré ?


J’ai lu Femmes en souffrance. Vos poèmes sont superbes, me touchent beaucoup et me serrent souvent le cœur. C’est assez extraordinaire de pouvoir exprimer avec tant de beauté et de sensibilité vraie des sujets si durs. Martine Rouhart


A propos de la nouvelle "Etangs noirs"

Nouvelle écrite pour le concours de la Maison de la Francité 2006, thème : Le pays de mes rêves. Prix du Parlement Francophone Bruxellois. Edité par la Maison de la Francité.

- courrier personnel

Belle nouvelle, dérangeante. Je m’étonne mais me réjouis que le parlement francophone bruxellois vous ait donné un prix pour ce texte qui n’est quand même pas dans l’air du temps...

Alain D.


- courrier personnel

"Etangs noirs", un texte vraiment remarquable et qui mérite plus qu’une publication, une vraie reconnaissance. C’est peut-être ce que j’ai lu de plus fort sur "le voile". Merci.

Gabriel Ringlet


- courrier personnel

Votre texte est magnifique et terrible … l’avez vous vécu ou inventé ? Vécu sans doute. C’est très beau et c’est épouvantable en même temps.

Mannick


- Courrier personnel

J’aime beaucoup vos textes, surtout Etangs noirs , qui me paraît vraiment un modèle du genre.

Claude-Adèle Gonthié


Courrier personnel

Hier soir, j’ai lu « Etangs noirs » : superbe ! Et là, j’ai vraiment beaucoup aimé !

Louisa
— -

Courrier personnel

Bravo pour ton courageux récit "Etangs noirs".

Roland F.


A propos de la nouvelle "Alarme à l’oeil"

Nouvelle policière parue en 2007 dans le recueil Alarmes. Edité par Luce Wilquin.

- Sur les ondes : Antipode Brabant wallon 105.5 FM
Coup de coeur littéraire du 14/10/07

[Concours organisé par la Police de Liège]

A l’aide de ces nouvelles, explique le Président du Jury dans la préface, il est intéressant de susciter l’imaginaire des citoyens autour du métier de policier, d’envisager la complexité de ce métier sous une apparence de fausse simplicité.
Alors les amoureux du polar, ceci est pour vous, parce que ces nouvelles sont originales et toutes assez captivantes. On a l’impression de lire quinze petits romans policiers finalement, parce que les intrigues, très différentes dans le ton, sont en général bien menées et le suspense garanti.
[...]
Alarme à l’oeil , d’Isabelle Fable, au suspense renforcé par une sonnerie de réveil ininterrompue depuis vingt-quatre heures... Le voisin du dessous devient dingue... Sa jolie voisine a peut-être un problème. Plutôt, puisqu’on la retrouve égorgée dans son lit, nue bien sûr. S’il y a un coupable parmi les habitants de l’immeuble, ce n’est évidemment pas celui auquel vous aviez songé.
Impressionnant, d’installer un climat, de respecter les règles du genre en si peu de pages. Tous ces auteurs talentueux y arrivent et vous tiennent en haleine.

Geneviève Renard


-  Dans Inédit n° 218

Le concours organisé , tenez-vous bien, par la Police Locale de Liège, avec un jury composé pour moitié d’écrivains amateurs de polar et pour l’autre moitié... de policiers !
Le résultat vaut le détour, que ce soient les cinq primés ou les autres. L’éditeur ne s’y est pas trompé en publiant quinze nouvelles dont très peu m’ont légèrement déçu. Légèrement, car auteurs connus ou non, tous (j’ai retenu Isabelle Fable et Yves Jadoul en plus d’un Jean Jour que j’apprécie depuis longtemps et du "grand prix" Sarah Berti, vraiment digne d’un bon Simenon, surtout par la très grande humanité qu’il manifeste [...] Ce petit livre de nouvelles intitulé Alarmes est dès à présent un plaisir.

Paul Van Melle



A propos de la chanson "Quand ça va mal"

Poème-chanson gravé sur CD dans le cadre du concours ’Chansons pour la Paix’ en 2003

- Dans Inédit n° 177

Un succès, celui de notre amie Isabelle Fable, qui s’est heureusement glissée dans le CD ’S’aider en paix’, où se produisent les groupes les plus connus de Belgique. Groupes de rock, de musiques mixtes et de diverses provenances, dont Mousta Largo, Malabar ou Amistad, qui a adapté le poème Quand ça va mal d’Isabelle Fable sous le titre de Paloma , je me demande encore pourquoi.

Paul Van Melle



A propos de la nouvelle "Et vous encore, mineurs..."

Lauréate du Prix de la Revue Générale en 2002.
Les trois autres finalistes étaient : Gérard Gambier, Jacques Henrard et Siska Moffarts. On peut découvrir leurs textes dans le numéro de mai-juin 2002 de la Revue générale.

- Dans Inédit n°169

Le drame vécu par un groupe de gueules noires soufflé par le grisou. Cela pouvait être une centième relation de même émotion. Mais non. L’auteur donne l’impression d’avoir vécu non seulement dans le détail mais dans sa personne les moindres petits faits de ces heures atroces où les hommes n’ont plus d’espoir que dans l’impossible. Et cependant, j’en ai lu, de ces histoires, y compris le grand Constant Malva ! Belle confirmation d’un talent déjà lu.

Paul Van Melle


- Dans Les Coulisses n° 148

Les nouvelles ne sont pas habituellement ma lecture favorite. Celle d’Isabelle Fable "Et vous encore, mineurs..." décourage toutes les préventions. Le jury de la Revue Générale, qui lui a décerné son premier prix à une large majorité, possède un goût certain. Le thème du concours proposait d’imaginer une nouvelle à partir de quelques vers d’un poète belge. C’est dans l’oeuvre d’Émile Verhaeren "La multiple splendeur" qu’Isabelle Fable a trouvé son inspiration. Et pourtant, on a vraiment l’impression que c’est un mineur chevronné qui se raconte. L’avouerais-je ? A la moitié du texte, j’ai regardé la fin pour être rassurée... tant le suspense tient en haleine. Si Isabelle Fable continue à écrire des récits de la même facture, elle figurera certainement un jour parmi les plus grands.

Claude-Adèle Gonthié



A propos du roman "Carambole du diable"

Prix Pierre-André Delforge, attribué par le Rotary de Peruwelz.
Le jury se composait de deux académiciens(Jean Tordeur - Président du jury - et Roger Foulon), de deux écrivains, (Roger Cantraine et Françoise Lison-Leroy), de deux professeurs (Ignace Mariage et Marie-Jeanne Grondelaers) et d’un membre du Rotary.
Le prix était l’édition du roman lauréat - à compte d’auteur, mais aux frais du Rotary... !

- Rotary de Peruwelz dans La vie Athoise Rotary de Péruwelz, 069/57.67.88.

Voici une histoire qui se situe à Brugelette, bien qu’elle puisse se dérouler dans n’importe quel village de province d’ici ou d’ailleurs. Roman régionaliste universel qui ne peut que plaire à tous mais auquel les habitants du pays vert communieront avec plus de ferveur encore. Isabelle Fable, Bruxelloise dont la tante tenait le café proche de l’église d’Attre, raconte l’histoire d’Amandine, une petite fille qui s’interroge sur son identité, les relations tendues entre les femmes de sa famille, les silences et les non-dits des adultes, le secret dont elle pressent être l’objet. Petite fille de la capitale, Amandine passe des vacances inoubliables avec ses cousins et cousines chez sa grand-mère. Ils y faisaient de folles parties, dont ils revenaient bronzés et crottés, les vêtements défraîchis et le ventre affamé. La gamine mène son enquête avec la fraîcheur, la naïveté, les peurs et les inventions de l’enfance. C’est à Ath, à l’occasion de la ducasse, qu’aura lieu un événement déterminant de l’histoire. Et le livre de se poursuivre sur l’histoire douloureuse de trois femmes, hantées par les fantômes du passé, contraintes à la loi du silence. La vie, certains l’apprennent dès l’enfance, n’est jamais ni tout à fait blanche ni tout à fait noire. Ceci n’est pas l’histoire d’Isabelle Fable, l’intrigue en est totalement imaginaire, les faits impensables, mais le contexte assez réel, l’auteur avouant cependant ne plus très bien savoir où se situe le vrai et où se niche l’inventé. Ecrivaine depuis plus de trente ans, Isabelle Fable signe ici un très beau roman qui a obtenu le prix Pierre-André Delforge attribué par le jury littéraire du Rotary de Péruwelz. D’errements en rebondissements, quand on ouvre ce livre, on ne sait que difficilement le refermer avant d’en connaître la fin.


- Dans Le Reflet de chez nous, n°405, revue de l’AREW

Le roman débute dans une atmosphère intimiste. Et l’on songe à certains romans du XIXème siècle anglais, à Dickens, au Moulin sur la Floss. Isabelle Fable excelle à nous rendre cette atmosphère. Soudain, coup de tonnerre, une lettre anonyme. On s’épie, on se déchire, la famille se disloque...

Cela se lit d’une traite, comme un bon roman policier. Agatha Christie n’est pas loin, et Miss Marple, et les vieilles dames indignes... Le style est preste, enlevé, agréable à lire. Une belle réussite. Isabelle Fable a une voix bien marquée, un ton doux-amer, sucré-salé. Sans que cela nuise au sérieux du sujet, car ce sont bien ici les tréfonds de l’âme humaine qui ressurgissent et ce n’est pas toujours drôle.

Joseph Bodson


- Dans Les Coulisses, n°149, revue d’Arts et Lettres de France

Isabelle Fable possède à un très haut degré l’art de nous tenir en haleine. A aucun moment, elle ne se dérobe au challenge qu’elle s’est fixé : parler par la bouche d’un enfant. Cela rend le récit plus passionnant encore.

Voilà un excellent livre à lire et à relire car on découvre à la relecture des indices si habilement distillés qu’ils auraient pu échapper au premier abord.

Claude-Adèle Gonthié


- Dans Le courrier de l’Escaut du 25 février 2003

Cette histoire ancrée dans le pays vert pourrait se dérouler ailleurs, bien au-delà des frontières. C’est là toute la force d’un roman que l’on dit régionaliste.

Françoise Lison-Leroy, membre du jury


- Lors de la présentation à la Maison de la Francité

Une sorte d’épure tant pour la structure de l’intrigue que pour l’écriture. Quand, après une première lecture, on reprend le livre, on découvre qu’aucun mot, aucune nuance, aucun dialogue n’est gratuit. Ils constituent une sorte de nasse qui fait converger peu à peu vers la vérité.

Ignace Mariage, membre du jury


- Sur www.ath.be

Un très beau roman. Quand on ouvre ce livre, on ne sait que très difficilement le refermer avant d’en connaître la fin.


- Dans Inédit n°172, revue du GRIL

Ce sont des souvenirs d’enfance transformés et attribués à l’héroïne dans des aventures qui font penser aux "Vacances" de Ségur, continuant en seconde partie en une sorte de roman policier en Christie et Simenon, tandis que la dernière devient un thriller parfait. Et je ne veux pas qu’on croie que ces références diminuent la qualité ni l’originalité de l’ensemble. C’est un beau roman très personnel, une carambole bien jouée.

Paul Van Melle


- Courrier personnel

J’ai lu avec plaisir ton roman. L’ayant commencé entre d’autres lectures, je l’ai fini... avant les autres ! Bon signe ! Ce n’était pas simple de faire porter par une narration de "petite fille" une histoire aussi sombre et complexe. Même si parfois le lecteur trouve l’enfant extrêmement mûre (et omnisciente), il partage son récit et ne le lâche pas jusqu’à son terme.
C’est un vrai roman "féminin" dans son acception la plus forte : personnages torturés,hypersensibles et écriture délicate, attentive à la moindre émotion des héroïnes.
Les références à la région m’ont paru très justes et très vivantes, particulièrement le passage relatif à la Ducasse d’Ath. Je connais bien cette région pour avoir moi aussi passé des vacances à Moustier-lez-Frasnes... J’ai donc retrouvé la même atmosphère champêtre, les mêmes jeux, les mêmes réunions de famille, le même environnement "féminin", souvent excessif, lourd à supporter.
L’art du roman est chose difficile : il faut savoir porter tout un univers et le déposer page par page, sans jamais perdre l’équilibre. Tu y es parfaitement parvenue.

Michel Ducobu


- L’avis d’une personne inconnue, à propos de la première version, intitulée Et si le diable avait un coeur ?

Roman plein de fraîcheur, de sincérité, de tendresse, avec une pointe de romantisme. Fraîcheur, jeunesse, sincérité de la plupart des personnages enfants, opposées à la retenue, la sévérité des personnages adultes.
L’amour et la tendresse transparaissent dans tout le roman. Pour qui connaît la campagne, les descriptions et les caractères de certains personnages sont empreints de vérité.
L’intrigue est très bien menée du début à la fin : on devine quelquefois, on suppose, pour arriver au dénouement et à la fin, qu’on était bien loin de pressentir.
Le roman se lit facilement, avec beaucoup de plaisir. Est-il écrit par une femme ?


Avis d’une lectrice "difficile"

Je me suis délectée, j’ai adoré. Quel suspense du début à la fin et c’est bien écrit. Je ne comprends pas que vous n’ayez pas plus de succès !

Marguerite M.